• Des morceaux du passé recollés...pour ne plus s'envoler...

    J’imagine que ça devait finir par resurgir…  je n’étais pas préparée, c’était si loin. Un bout du passé. Un trou noir que j’avais mis de côté. Bien rangé, quelque part au fond de mon être.

    J’ai commencé à vivre en parallèle d’une autre vie, d’une autre personne, d’un fantôme. Qu’on n’a pas laissé vivre, mais que je voulais emmener loin avec moi. Mais ce n’était pas moi, alors il fallait que je vive encore plus intensément.  Parce que j’avais cette chance et cette rage de réussir.  Son souvenir s’est envolé.

    Je suis restée seule. Avec une autre moi, que je ne pouvais ni entendre et encore moins croire. J’ai l’impression de m’être dédoublée.  D’avoir grandis dans l’ombre d’une autre personne, plus sombre, plus torturée, mon parfait inverse, omniprésent dans mon esprit. J’avais l’impression de ressentir sa souffrance, sans jamais avoir moi-même souffert.

    J’étais…trop sensible, trop folle, trop à côté. Peut-être que je le suis encore.

    J’ai voulu sauver cet autre qui souffre, sans comprendre qu’il résonnait en moi tel un écho. Mon double. Moi-même.

    Les morceaux se sont recollés. Il manquait le lien qui allait réunir toutes les autres pièces de cette histoire. Finalement, mes émotions n’étaient pas si incohérentes. J’étais seulement incapable de les comprendre.  Peut-être qu’il valait mieux pour pouvoir supporter la violence.

    C’était sûrement plus facile d’avancer aveuglément que de me heurter à la réalité. Ma réalité. Celle qui se révèle violemment aujourd’hui. 

    Je n’étais pas folle. Je suis devenue folle… face à des sentiments que je peine à supporter. Je suis submergée.  Comme si chaque instant était hier. Comme si le cauchemar  n’avait jamais été une vague illusion.

    Mais ce n’est pas grave. Parce que ça ne m’a pas empêché de me construire, de me tenir debout et d’avancer.  Peut-être que ce désordre devait  se dérouler  ainsi.

    Mais j’ai mal, j’ai tellement mal, de ne plus pouvoir me voiler la face. De ressentir cette violence de plein fouet et de vouloir détruire de colère tout ce qui m’entoure. Je ne sais pas si une justice existe. Et je ne sais pas, ce que je vais faire de mes souvenirs.  Les laisser partir quand j’aurais déversé mes pulsions négatives. En essayant ne pas me détruire davantage. Je n’ai pas mérité de souffrir. C’est la seule conviction que j’ai.


  • Commentaires

    1
    Lundi 3 Avril à 21:02

    Tes souvenirs repartiront de là où ils sont venus, mais cette fois, ils ne s'échapperont plus, ils auront fait leur œuvre.

      • Mardi 4 Avril à 18:42

        Je verrais bien ;)

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :