• Cet écrit fait suite au précédent. Cette fois au cœur du sujet. Ca n'a pas été facile... ni de mettre des mots ni de publier, mais quelque part j'en ai besoin. En même temps je n'attends rien, peut-être que d'un côté j'étais prête à me souvenir et continuer sans que rien ne m'arrête dans ma lancée. Il y a eu un élément déclencheur, puis des flashs étalés sur plus d'une heure pour tout reconstituer. J'étais en voiture quand les flashs ont commencés, autant dire que vu mon état je ne sais pas comment j'ai réussi à garder le contrôle, dans les virages ça aurait été si facile, de foncer sans réfléchir, j'aurais arrêter de penser, plus eu à supporter la réalité mais je suis arrivée entière, complètement sonnée...

    ***

    C’est inscrit en moi. J’ai l’impression que mon corps porte le poids de la souffrance, de la honte, du dégoût. Pourtant je n’incarne pas ce que j’ai vécu.  Ce n’est pas ce corps que je veux m’approprier.  Mon esprit n’est pas en adéquation avec.  Seul mon corps se souvenait quand mon esprit était dans le déni.  Il a enfermé ses souvenirs tellement longtemps que je ne parviens pas à m’en détacher.  Je me sens lourde, parfois sale.  Souvent prisonnière. Le passé finit toujours par me rattraper. Je veux que ces sentiments sortent et ne reviennent jamais. J’ai l’impression que ce regard malsain est constamment porté sur mon corps. Comme si j’étais sous surveillance.  « Peut-être que ça recommencera »  « Je ne suis pas capable de dire non » « Je n’ose pas pour ne rien risquer » Risquer de me sentir encore plus indigne de vivre avec des traces d’un crime bien camouflé…tellement qu’après tout, pourquoi je n’y serais pas un peu pour quelque chose ? Mais c’est vrai, je n’ai pas d’emprise totale là-dessus…sur ma personne, sur l’appropriation de mon corps…je me sens sale et la seule issue pour m’en défaire, c’est me blesser. Me faire mal…parce que mon emprise sur moi-même me semble la plus puissante dans ce domaine. J’ai du mal à me sentir totalement libre et légitime en dehors de ce cercle. Quand j’essaie de remettre chaque élément à sa place et me défaire de ma culpabilité, je ressens une colère incontrôlable et destructrice.  J’ai peur de moi-même. Alors je me referme, et j’essaie d’oublier, mais les réactions de mon corps au monde extérieur ne cessent de me ramener à la réalité. J’ai été violée.

     

     

     

     


  • Commentaires

    1
    Jeudi 22 Juin à 09:38

    Ce texte me touche au plus profond de mon âme. Je me sens sombre tout à coup.

    On dit qu'il est facile de dire non, mais dans de telles situations, les mots restent bloqué en travers de la gorge. La peur paralyse, le corps n'est plus contrôlable.

    Ceux qui jugent ne connaissent pas, ceux qui jugent ne réfléchissent pas.

    Au début, je faisais parti de ceux qui pensaient que dirent non est facile. Mais l'expérience et la lecture m'a fait changé d'avis, profondément.

      • Mardi 10 Octobre à 18:17

        Désolée de ne pas avoir répondu, je ne passe plus souvent sur eklablog. Merci d'avoir commenté... 

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